Les organismes de formation professionnelle plongent-ils dans l’intelligence artificielle sans conscience des risques ?
D’après le Baromètre IA 2026 de Septeo Education, 92 % des professionnels du secteur voient l’IA comme une alliée, et 84 % l’utilisent au moins une fois par semaine, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente.
Le secteur s’est emparé de ces technologies. Une adoption aussi large vient avec des risques. Voyons desquels se méfier, et des solutions pour éviter des effets négatifs.
LMS, ERP, logiciels de gestion, CRM, plateformes de visioconférence : les OF utilisent de nombreux outils numériques au quotidien. Avançant avec la tendance, les outils déjà établis du secteur développent des fonctionnalités IA, et de nouveaux outils voient le jour.
Les fonctionnalités IA dans les logiciels ont souvent pour but de générer et résumer du contenu, et pour ceux qui vont plus loin, analyser des informations.
Documents de formation, informations personnelles des stagiaires et formateurs, données financières, communications avec des clients : les données traitées au quotidien par les OF sont sensibles.
Il est essentiel de les protéger :
Pour résumer ou analyser des données, les outils IA ont besoin d’y avoir accès. Cet accès n’est pas toujours un risque de confidentialité. Des logiciels optent pour des IA basées en France ou en Europe et qui n’utilisent pas les données pour entraîner les modèles.
C’est un enjeu important : l’AI Act introduit progressivement depuis 2024 classe les usages d’IA par les OF comme “à haut risque”, et y place donc des limites.
⚠️ Le risque : compromettre des données privées ou sensibles, mais aussi ne pas respecter les exigences de l’AI Act.
✨ La solution :
On ne voudrait pas vous rendre suspicieux de tout nouvel acteur du marché des logiciels pour OF.
Cependant, avec l’IA, il est aujourd’hui possible de créer rapidement des logiciels fonctionnels en moins de temps. Avec des chatbots voire des agents, il est même concevable d’apporter une assistance en direct.
Mais un outil développé trop vite, et trop automatisé peut présenter des désavantages. Il faut les prendre en compte pour faire le bon choix.
La grande différence entre les acteurs établis qui ajoutent des fonctionnalités IA et les nouveaux outils codés entièrement par IA : l’expertise métier sur le long terme.
Si un éditeur de logiciel ne connaît pas bien le secteur de la formation, les meilleurs prompts ne pourront pas prévenir l’inévitable : des éléments essentiels manqueront au rendez-vous. Posez vous les bonnes questions :
⚠️ Le risque : opter pour un outil trop jeune, qui ne répondra pas à vos besoins sur la durée.
✨ La solution : bien analyser ce qui est proposé avant de se décider.
Découvrez l’assistant IA de Dendreo : génération et correction de contenus, analyse de données, assistance à la programmation… les fonctionnalités dont les OF ont vraiment besoin, intégrées dans un logiciel conçu pour eux.
Vous êtes peut-être tenté par l’idée de créer votre propre outil en demandant à l’IA de vous guider, ou même, de rédiger l’entièreté du code pour vous.
Les possibilités semblent infinies : la promesse que n’importe qui puisse créer une application, un site ou un logiciel met des étoiles dans les yeux. Mais attention ! Ce type de projet est plus complexe qu’il n’y paraît.
Dès le départ, vous risquez :
Sur le long terme, d’autres problèmes peuvent s’ajouter :
Dans le temps, cette solution d’apparence presque magique peut vous coûter.
Si corriger ou réparer votre logiciel dépasse les compétences dont vous disposez en interne, vous devrez sûrement faire appel à un prestataire externe expert.
Si des failles font perdre confiance à vos clients, ils risquent de s’éloigner.
Du temps et de l’argent sont à perdre si le développement ne se passe pas comme prévu. Car à l’inverse d’un prestataire éditeur dont c’est le métier, votre outil codé en interne n’a pas de service client pour vous venir en aide.
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L’intelligence artificielle générative, ou genAI : l’usage le plus fréquent et le plus connu. En formation, elle permet notamment de créer ou réutiliser des contenus pédagogiques. Différents professionnels l’utilisent à différents stades de leur travail :
Mais des risques existent : hallucinations, erreurs, biais… Il ne faut pas oublier que l’IA est un outil construit par des humains, comme nous, cet outil commet des erreurs.
Des incohérences factuelles, des sources obsolètes, ou encore des formulations hasardeuses peuvent se glisser dans les contenus générés par l’IA.
Le style rédactionnel peut aussi faillir. Si la rédaction ou le ton diffèrent trop de vos contenus pédagogiques habituels ou est trop générique, par exemple, cela peut produire un effet de distance pour les apprenants.
⚠️ Le risque : traiter l’IA comme un expert infaillible et plus capable que les acteurs humains qui l’utilisent !
✨ La solution :
Ou pourquoi ne pas tout automatiser…
De nombreux aspects humains de la formation peuvent en apparence être remplacés par l’IA.
On peut être tenté par ces solutions… Mais le lien humain reste essentiel en formation.
Imaginez une formation sur plusieurs semaines, sans aucune interaction. Motiver et engager les apprenants est un défi fréquent. Laissés seuls face à leur écran, les stagiaires risquent de ne pas s’impliquer pleinement.
La relation avec les formateurs est une valeur ajoutée à ce que vous proposez. Le lien avec les autres apprenants leur permet de construire des réflexions, des réseaux.
Enfin, si les apprenants pouvaient suivre une formation aussi qualitative uniquement avec des IA… pourquoi n’iraient-ils pas demander à ChatGPT de leur formuler un plan de formation, au lieu de se rapprocher d’un OF ?
⚠️ Le risque : déléguer à l’IA toute la relation avec l’apprenant et diluer l’importance de l’accompagnement fourni par la formation via un OF.
✨ La solution : voir l’IA comme un bonus, et non un remplacement. Désormais, l’apprenant peut poser une question à un chatbot lorsqu’aucun formateur n’est disponible : super ! Mais il doit quand même pouvoir contacter quelqu’un pour approfondir l’accompagnement.
Aujourd’hui il est “facile” de remplir un exercice ou une évaluation sans réfléchir en utilisant une IA générative.
L’apprenant télécharge le PDF donné par le formateur, demande à l’IA de répondre aux questions à sa place, et gagne des heures de travail. Mais perd aussi tout l’intérêt de participer à une formation…
Certes, cet usage irresponsable dépend de la volonté du stagiaire. Mais dans un monde où nous sommes tous surchargés de travail, la fatigue cognitive et le manque de temps peuvent rendre cette option attrayante. À vous de la dissuader.
⚠️ Le risque :
✨ La solution :
La conclusion sur le sujet est nuancée : l’IA ne peut ni être utilisée pour tout et n’importe quoi, ni être entièrement effacée. L’usage doit être réfléchi, responsable et pertinent avec les réels objectifs de la formation.
Tout automatiser n’a pas d’intérêt : pourquoi vouloir remplacer ce qui fait la valeur de la formation ? La relation entre apprenant et formateur, le ton humain dans l’enseignement d’un sujet, l’échange entre stagiaires… ces éléments sont le cœur même de la formation.
La correction d’erreurs, l’administratif, la planification… C’est là que des outils sont utiles : pour libérer ce temps et le réattribuer là où il a plus de sens.
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